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Le développeur aRgile

Le label développeur agile est devenu monnaie courante sur les CVs à partir du moment où une expérience dans une équipe « agile » y figure.

Recherché et vendeur, zoom ce que devrait réellement être le développeur agile.

Le développeur agile 1.0

Sans faire le procès des appels d’offre ou des offres d’emploi avec la mention « doit justifier d’une expérience significative dans une équipe agile », l’agilité du développeur souffre de trois maux :

  • la pression délais/coûts
  • la médiocrité de son application
  • la marketisation à outrance de l’agilité

C’est un brin moralisateur mais c’est le reflet que nous, développeurs, subissons voir acceptons de cultiver et de mettre en avant. Pour résumer, connaître les cérémonies agiles et les implémenter suffit pour faire de nous des agilistes : dommage.

Impossible de m’en satisfaire ! Je me suis donc attardé sur les personnes que j’ai pu croiser durant mon expérience et les formations suivies pour en extraire ma compréhension de ce rôle.

Que connaît-on réellement des principes agiles ? Comment les traduisons nous dans les interactions du quotidien ? Quelles sont leurs significations sur les plans conception et réalisation applicatives ?

Le manifeste agile, ce soldat inconnu

Se proclamer développeur agile est très engageant. C’est un rôle exigeant qui demande une profondeur de réflexion sur ses basiques : le manifeste agile.

Sont-ils simplement connus de votre équipe ? Peu de gens s’y sont attardés alors qu’une connaissance réelle de ces principes permettrait à beaucoup de développeurs (et autres) d’améliorer leur degré d’agilité.

Provoquez cette discussion dans vos équipes ! Il est à mon sens essentiel de se retrouver autour des ces 4 principes pour s’approprier et diffuser cette culture.

Être un meilleur équipier

Pas collègue, ÉQUIPIER. En effet, pour pouvoir se qualifier d’équipe, il faut que chacun se sente concerné et ressente son apport dans le projet. Tous et ensemble ! De ce fait, il faut faire vivre le groupe de manière à garder un esprit de collaboration la plus horizontale possible.

Les 4 fantastiques accords toltèques

La cohésion au quotidien passe avant tout par un investissement et une introspection sur soi. Les accords toltèques sont des pistes de réflexion sympathiques pour garder une ambiance de travail saine et productive. C’est un code de conduite composé de « mantras plein de bon sens, mais surtout d’une très grande puissance ». Le plus de ces n-ième conseils en développement personnel est que la discipline décrite me paraît plus simple et de ce fait plus abordable en termes d’effort.

Détruire le stress

Quelque soit la méthode choisie (scrum, kanban, scrumban, xp), le format impose de tenir un rythme souvent soutenu et par conséquent générateur de stress. C’est un défaut assumé des méthodes agiles. Les individus se doivent de prendre en responsabilité la gestion de ce facteur qui est destructeur pour l’équilibre produit/équipe/équipier.

Pour y arriver, il faut pouvoir établir une ou des stratégies face aux agents stresseurs :

  • Résoudre ensemble les problèmes
  • Maintenir les relations dans l’équipe en s’encourageant mutuellement
  • Réguler les émotions en rassurant et dédramatisant les situations complexes

Je mets beaucoup de sens dans le parallèle avec les sports d’équipe ; les vecteurs communs qui me semblent importants étant la coopération et la responsabilité individuelle vis à vis du groupe.

Vrai Fullstack => vrai agilité

C’est le constat le plus alarmant de cet article. Concernant uniquement les projets Web, très peu de personnes que j’ai pu côtoyer m’ont montré ce qu’est pour moi un vrai Fullstack : une personne capable d’assumer une architecture applicative aussi bien front que back.

Pourquoi est-ce si important ? Il est vrai que la montée en compétence peut être progressive et même à l’origine de la naissance d’un groupe. Cependant, avoir majoritairement des développeurs back sachant bricoler du CSS et surtout ne s’intéressant pas aux problématiques front bride le potentiel d’engagement de l’équipe sur les tâches plus ardues côté interface utilisateur. De plus, les interactions souvent réduites avec les équipes UX peuvent transformer cette partie de la réalisation en véritable cauchemar. Stop it !

Le développeur agile devrait maîtriser la conception de son application de l’expression du besoin à l’implémentation. De plus, il est vrai que selon le framework agile, le savoir sur chacune des facettes techniques de son projet peut-être nuancée : l’eXtreme Programming demande une forte appétence sur l’ensemble de la stack contrairement à Scrum par exemple. Indépendamment de la méthode, cela reste est un atout qui, dès qu’il est acquis, fait une vraie différence dans un projet.

Du courage !

En réalité, l’agilité pour le développeur doit agir comme une introspection au quotidien pour y en tirer le meilleur pour soi et son équipe. Il faut avoir le courage d’exercer cette gymnastique de l’esprit et de provoquer de manière bienveillante cette réflexion autour de soi.
Il faut également avoir le courage d’assumer ses lacunes et forces, prendre un parti et se remettre en question dans la foulée.
Ce courage sera, en bien des manières, un allié important pour valoriser votre fierté professionnelle et votre savoir pour la suite de vos carrières.

Mahamoud Saïd Omar

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